Elke woensdag om 21h in De Dolle Mol een gedicht uit Oeuvres Libres van Paul Verlaine in originele Nederlandse vertaling.

Voor bezoekers is ook een Engelse, Duitse, Spaanse en Italiaanse vertaling beschikbaar die zij desgewenst ook kunnen voordragen. 

Een deel van de 40 gedichten werden reeds door Arne in het Frans en door Jan in Nederlandse vertaling gebracht.

De vertalingen bevinden zich ter lezing en verBetering in de Dolle Mol. Meer over Paul Verlaine lees je op http://nl.wikipedia.org/wiki/Paul_Verlaine.

 

 

 

Nr. 18 op 12 december 2007

 

Vas Unguentatum

 

Admire la brèche moirée
Et le ton rose-blanc qu'y met
La trace encore de mon entrée
Au paradis de Mahomet.

Vois, avec un plaisir d'artiste,
O mon vieux regard fatigué
D'ordinaire à bon droit si triste,
Ce spectacle opulent et gai,

Dans un mol écrin de peluche
Noire aux reflets de cuivre roux
Qui serpente comme une ruche,
D'un bijou, le dieu des bijoux,

Palpitant de sève et de vie
Et vers l'extase de l'amant
Essorant la senteur ravie,
On dirait à chaque élément.

Surtout contemple, et puis respire
Et finalement baise encor
Et toujours la gemme en délire,
Le rubis qui rit, fleur du for

Intérieurs, tout petit frère
Epris de l'autre et le baisant
Aussi souvent qu'il peut le faire,
Comme lui soufflant à présent...

Mais repose-toi, car tu flambes.
Aussi, lui, comment s'apaiser,
Cuisses et ventre, seins et jambes
Qui ne cessez de l'embrasser?

Hélas! voici que son ivresse
Me gagne et s'en vient embrasser
Toute ma chair qui se redresse...
Allons, c'est à recommencer!

 

 

 

 

Nr. 17 op 5 december 2007

 
Il est mauvais coucheur

 

Il est mauvais coucheur et ce m'est une joie
De le bien sentir, lorsqu'il est la fière proie
Et le fort commensal du meilleur des sommeils
Sans fausses couches - nul besoin? et sans réveils,
Si près, si près de moi que je crois qu'il me baise,
En quelque sorte, avec son gros vit que je sens
Dans mes cuisses et sur mon ventre frémissants.
Si nous nous trouvons face à face, et s'il se tourne
De l'autre côté, tel qu'un bon pain qu'on enfourne
Son cul délicieusement rêveur ou non,
Soudain, mutin, malin, hutin, putain, sans nom
De Dieu de cul, d'ailleurs choyé, m'entre en le ventre,  
Provocateur et me rend bandeur comme un diantre,
Ou si je lui tourne semble vouloir
M'enculer ou, si dos à dos, son nonchaloir
Brutal et gentil colle à mes fesses ses fesses,
Et mon vit de bonheur, tu mouilles, puis t'affaisses
Et rebande et remouille, infini dans cet us.  

Heureux moi? Totus in benigno positus!



 

 

Nr. 16 op 21 november 2007

 

 A Madame

 

Quand tu m'enserres de tes cuisses
La tête ou les cuisses, gorgeant
Ma gueule des bathes délices
De ton jeune foutre astringent,

Ou mordant d'un con à la taille
Juste
de tel passe-partout
Mon vit point très gros, mais canaille
Depuis les couilles jusqu'au bout,

Dans la pinette et la minette
Tu
tords ton cul d'une façon
Qui n'est pas d'une femme honnête;
Et, nom de Dieu, t'as bien raison!

Tu me fais des langues fourrées,
Quand nous baisons, d'une longueur,
Et d'une ardeur demesurées
Qui me vont, merde! au droit du cœur,

Et ton con exprime ma pine
Comme un ours tetterait un pis,
Ours bien léché, toison rupine,
Que la mienne a pour fier tapis.

Ours bien léché, gourmande et soûle
Ma langue ici peut l'attester
Qui fit à ton clitoris boule-
De-gomme à ne plus le compter.

Bien léché, oui, mais âpre en diable,
Ton con joli, taquin, coquin,
Qui rit rouge sur fond de sable:
Telles les lèvres d'Arlequin.    

 

 

 

 

Nr. 15 op 14 november 2007

 

 Un peu de m...

 

Un peu de merde et de fromage
Ne sont pas pour effaroucher
Mon nez, ma bouche et mon courage
Dans l'amour de gamahucher.

L'odeur m'est assez gaie en somme,
Du trou du cul de mes amants,
Aigre et fraîche comme la pomme
Dans
la moiteur de sains ferments.


Et ma langue que rien ne dompte,
Par la douceur des longs poils roux,
Raide et folle de bonne honte,
Assouvit là ses plus forts goûts,

Puis pourléchant le périnée
Et les couilles d'un mode lent,
Au long du chibre contournée
S'arrête à la base du gland.

Elle y puise âprement, en quête
Du nanan qu'elle mourrait pour,
Sive, la crème de quéquette
Caillée aux éclisses d'amour,

Ensuite, après la politesse
Traditionnelle
au méat,

Rentre dans la bouche où s'empresse
De la suivre, le vit béat,

Débordant de foutre qu'avale
Ce moi, confit en onction,
Parmi l'extase sans rivale
De cette bénédiction!

 

 

 

 

 

Nr. 14 op 7 november 2007

Filles - 2
 
Et toi, tu me chausses aussi.
Malgré ta manière un peu rude
Qui n'est pas celle d'une prude
Mais d'un virago réussi.

Oui, tu me bottes quoique tu
Gargarises dans ta voix d'homme
Toutes les gammes du rogomme,
Buveuses à coudes rabattus!

Mais femme! sacré nom de Dieu!
A nous faire perdre la tête,
Nous foutre tout le reste en fête
Et, nom de Dieu, le sang en feu.

Ton corps dresse, sous le reps noir,
Sans qu'assurément tu nous triches,
Une paire de nénais riches,
Souples, durs, excitants, faut voir!

Et moule un ventre jusqu'au bas,
Entre deux friands hauts-de-cuisse,
Qui parle de sauce et d'épice
Pour quel poisson de quel repas?

Tes bas blancs - et je t'applaudis
De n'arlequiner point tes formes -
Nous font ouvrir des yeux énormes
Sur des mollets que rebondis!

Ton visage de brune où les
Traces de robustes fatigues
Marquent clairement que tu brigues
Surtout le choc des mieux râblés.

Ton regard ficelle et gobeur
Qui sait se mouiller puis qui mouille,
Où toute la godaille grouille
Sans reproche! ô non! mais sans peur,

Toute ta figure - des pieds
Cambrés vers toutes les étreintes
Aux traits crépis, aux mèches teintes,
Par nos longs baisers épiés -

Ravigote les roquentins,
Et les ci-devant jeunes hommes
Que voilà bientôt que nous sommes
Nous électrise en vieux pantins,

Fait de nous de vrais bacheliers,
Empressés autour de ta croupe
Humant la chair comme une soupe
Prête à râler sous tes souliers!

Tu nous mets bientôt à quia,
Mais, patiente avec nos restes,
Les accommode, mots et gestes,
En ragoût où de tout y a

Et puis, quoique mauvaise au fond,
Tu nous as de ces indulgences!
Toi, si teigne entre les engeances,
Tu fais tant que les choses vont.

Tu nous gobes (ou nous le dis)
Non de te satisfaire, ô goule!
Mais de nous tenir à la coule
D'au
moins les trucs les plus gentils.

Ces devoirs nous les déchargeons,
Parce qu'au fond tu nous violes,
Quitte à te fiche de nos fioles
Avec de plus jeunes cochons. 
      



 

 

Nr. 13 op 31 oktober 2007

Monte sur moi

Monte sur moi comme une femme
Que je baiserais en gamin.
Là, c'est cela, t'es à ta main?
Tandis que mon vit t'entre, lame

Dans du beurre, du moins ainsi,
Je puis te baiser sur la bouche,
Te faire une langue farouche
Et cochonne, et si douce, aussi

Je vois tes yeux auxquels je plonge
Les miens, jusqu'au fond de ton cœur,
D'où mon désir revient vainqueur
Dans une luxure de songe,

Je caresse le dos nerveux,
Les flancs ardents et frais, la nuque,
La double mignonne perruque
Des aisselles et les cheveux!

Ton cul à cheval sur mes cuisses
Les pénètre de son doux poids,
Pendant que s'ébat mon lourdois
Aux fins que tu te réjouisses,

Et tu te réjouis, petit,
Car voici que ta belle gourde,
Jalouse aussi d'avoir son rôle,
Vite, vite, gonfle, grandit,

Raidit. Ciel! la goutte, la perle
Avant-courrière
, vient briller

Au méat rose: l'avaler,
Moi, je le dois, puisque déferle

Le mien de flux. Or, c'est mon lot
De faire tôt d'avoir aux lèvres
Ton gland chéri, tout lourd de fièvres,
Qu'il décharge en un royal flot.

Lait suprême, divin phosphore
Sentant bon la fleur d'amandier,
Où vient l'âpre soif mendier
La soif de toi qui me dévore.

Mais il va, riche et généreux,
Le don de ton adolescence,
Communiant de ton essence,
Tout mon être ivre d'être heureux
.



 

 

Nr. 12 op 31 oktober 2007

Sur une statue

Eh quoi! dans cette ville d'eaux,
Trêve, repos, paix, intermède
Encor toi de face ou de dos
Beau petit ami: Ganymède!

L'aigle t'emporte, on dirait comme
A regret de parmi des fleurs,
Son aile d'élans économe
Semble te vouloir par ailleurs,
 
Que chez ce Jupin tyrannique.
Comme qui dirait au Revard,
Et son œil qui nous fait la nique
Te
coule un drôle de regard.

Bah! reste avec nous, bon garçon
Notre ennui, viens doncle distraire
Un peu de la bonne façon,
N'est-tu pas notre petit frère?
 

 


Nr. 11 op 24 oktober 2007
 

Triolet a une vertu pour s'excuser du peu
 

A la grosseur du sentiment
Ne vas pas mesurer ma force,
Je ne prétends aucunement
A la grosseur du sentiment.
Toi, serre le mien bontément
Entre ton arbre et ton écorce.
A la grosseur du sentiment
Ne vas pas mesurer ma force. 

La qualité vaut mieux, dit-on,
Que la quantité, fût-ce énorme.
Vive le gourmet, fi du glouton!
La qualité vaut mieux, dit-on.
Allons, sois gentille et que ton
Goût à ton désir se conforme.
La qualité vaut mieux, dit-on,
Que la quantité, fût-ce énorme. 

Petit poisson deviendra grand
Pourvu que L'on lui prête vie.
Sois ce L'on-là; sur ce garant
Petit poisson deviendra grand,
Prête-la moi, je te le rend.
Rai gaillard et digne d'envie.
Petit poisson deviendra grand

Pourvu que L'on lui prête vie. 
Mon cas se rit de ton orgueil,
Etant fier et de grand courage.
Tu peux bien en faire ton deuil.
Mon cas se rit de ton orgueil
Comme du chat qui n'a qu'un œil,
Et le voue au " dernier outrage".
Mon cas se rit de ton orgueil
Etant fier et de grand courage. 

Tout de même et sans trop de temps!
C'est fait. Sat prata. L'ordre règne.
Sabre au clair et tambours battants
Tout de même et sans trop de temps!
Bien que pourtant, bien que contents
Mon cas pleure et ton orgueil saigne.
Tout de même et sans trop de temps
C'est fait.
Sat prata. L'ordre règne.   

  

 

 

Nr. 10 op 17 oktober 2007

Balanide 1 

C'est un plus petit cœur
Avec la pointe en l'air;
Symbole doux et fier,
C'est un plus tendre cœur.

 Il verse ah! que de pleurs
Corrosifs plus que feu,
Prolongés mieux qu'adieu,
Blancs comme blanches fleurs!
 
Vêtu de violet.
Fait beau le voir yssir,
Mais à tout Ie plaisir
Qu'il donne quand lui plaït! 

Comme un évèque au choeur
II est plein d'onction.
Sa bénédiction
Va de l'autel au choeur. 

Il ne met que du soir
Au réveil auroral
Son anneau pastoral
D'améthyste et d'or noir. 

Puis le rite accompli,
Déchargé congrûment,
De ramener dûme,
Son capuce joli.   



 

 

Nr. 9 - 17 oktober 2007

Balanide 2  

Gland, point suprême de l'être,
           De mon maître,
De mon amant adoré
Qu'accueille, avec joie et crainte
           Ton étreinte
Mon heureux cul, perforé 

Tant et tant par ce gros membre
           Qui se cambre,
Se gonfle et, tout glorieux
De ses hauts faits et prouesses,
           Dans les fesses
Fonce en élans furieux.

Nourricier de la fressure,
           Source sûre
Où ma bouche aussi suça,
Gland, ma grande friandise,
           Quoi qu'en dise
Quelque fausse honte, or, ça,

Gland, mes délices, viens, dresse
           Ta caresse
De chaud satin violet
Qui dans ma main se harnache
           En panache
Soudain d'opale et de lait.

Ce n'est que pour une douce
           Sur le pouce
Que je t'invoque aujourd'hui
Mais quoi! ton ardeur se fâche...
           O moi lâche!
Va, tout à toi, tout à lui

Ton caprice, règle unique.
           Je rapplique
Pour la bouche et pour le cu
Les voici tout prêts, en selle,
           D'humeur telle
Qui te faut, maître invaincu.

Puis, gland, nectar et dictame
           De mon âme,
Rentre en ton prépuce, lent
Comme un dieu dans son nuage,
           Mon hommage
T'y suit, fidèle - et galant.  
 
 

 

 

Nr. 8 - 10 oktober 2007
 
Parti Carrée
 
Chute des reins, chute du rêve enfantin d'être sage,
          Fesses, trône adoré de l'impudeur,
Fesses, dont la blancheur divinise encor la rondeur,
Triomphe de la chair mieux que celui par le visage!

Seins, double mont d'azur et de lait aux deux cimes brunes
         Commandant quel vallon, quel bois sacré!
Seins, dont les bouts charmants sont un fruit vivant, savouré
Par la langue et la bouche ivres de ces bonnes fortunes!

Fesses, et leur ravin mignard d'ombre rose un peu sombre
         Où rôde le désir devenu fou,
Chers oreillers, coussin au pli profond pour la face ou
Le sexe, et frais repos des mains après ces tours sans nombre!

Seins, fins régals des mains qu'ils gorgent de délices,
         Seins lourds, puissants, un brin fiers et moqueurs.
Dandinés, balancés, et, se sentant forts et vainqueurs,
Vers nos prosternements comme regardant en coulisse!

Fesses, les grandes sœurs des seins vraiment plus nature
         Plus bonhomme, sourieuses aussi,
Mais sans malices trop qui s'abstiennent du souci
De dominer, étant belle pour toute dictature,

Mais quoi? Vous quatre, bons tyrans, despotes doux et justes,
         Vous impériales et vous princiers,
Qui courbez le vulgaire et sacrez vos initiés,
Gloire et louange à vous. Seins très saints. Fesses très augustes!



 

 

Nr 7 - 13 augustus 2007 - 
 
Filles-1

Bonne simple fille des rues,
Combien te préférè-je aux grues

Qui nous encombrent le trottoir
De leur traîne, mon décrottoir,

Poseuses et bêtes poupées
Rien que de chiffons occupées  

Ou de courses et de paris,
Fléaux déchaînés sur Paris!

Toi, tu m'es un vrai camarade
Qui la nuit monterait en grade.

Et même dans les draps câlins
Garderait des airs masculins.

Amante à la bonne franquette,
L'amie à travers la coquette,

Qu'il te faut bien être un petit
Pour agacer mon appétit.

Oui, tu possèdes des manières
Si farceusement garçonnières

Qu'on croit presque faire un péché
(Pardonné puisqu'il est caché).

Sinon que t'as les fesses blanches,
De frais bras ronds et d'amples hanches

Et remplaces ce que n'a pas
Par tant d'orthodoxes appas.

T'es un copain tant t'es bonne âme,
Tant t'es toujours tout feu, tout flamme

S'il s'agit d'obliger les gens
Fût-ce avec tes pauvres argents

Jusqu'à doubler ta dure ouvrage,
Jusqu'à mettre du linge en gage?

Comme nous t'as eu des malheurs
Et tes larmes valent nos pleurs.

Et tes pleurs mêlés à nos larmes
Ont leur salaces et leurs charmes.

Et de cette pitié que tu
Nous portes sort une vertu

T'es un frère qu'est une dame
Et qu'est pour le moment ma femme...

Bon! puis dormons jusqu'à patron
Minette, en boule, et ron, ron, ron!

Serre-toi, que je m'acoquine
Le ventre au bas de ton échine

Mes genoux emboîtant les tiens,
Tes pieds de gosse entre les miens

Roule ton cul sous ta chemise,
Mais laisse ma main que j'ai mise

Au chaud sous ton gentil tapis
Là! nous voilà cois, bien tapis.

Ce n'est pas la paix, c'est la trêve.
Tu dors? Oui, pas de mauvais rêves,

Et je somnole en gais frissons,
Le nez pâmé sur tes frisons.    



 

 

Nr. 6 - augustus 2007

Rendez-vous

Dans la chambre encore fatale
De l'encore fatale maison
Où la raison et la morale
Se
tiennent plus que de raison,

Il semble attendre la venue
A
quoi, misère, il ne croit pas
De quelque présence connue
Et murmure entre haut et bas;

"Ta voix claironne dans mon âme
Et tes yeux flambent dans mon cœur.
Le Monde dit que c'est infâme,
Mais que me fait, ô mon vainqueur!

J'ai la tristesse et j'ai la joie,
Et j'ai l'amour encore un coup,
L'amour ricaneur qui larmoie,
O toi, beau comme un petit loup!

Tu vins à moi, gamin farouche,
C'est toi, joliesse et bagout,
Rusé du corps et de la bouche,
Qui me violente dans tout

Mon scrupule envers ton extrême
Jeunesse et ton enfance mal
Encore débrouillée, et même
Presque dans tout mon animal.

Deux, trois ans sont passés, à peine,
Suffisants pour viriliser
Ta fleur d'alors, et ton haleine
Encore prompte à s'épuiser.

Quel rude gaillard tu dois être
Et que les instants seraient bons
Si tu pouvais venir! Mais, traître,
Tu promets, tu dis: J'en réponds.

Tu jures le ciel et la terre,
Puis tu rates les rendez-vous...
Ah! cette fois, viens! Obtempère
A mes désirs qui tournent fous.

Je t'attends comme le Messie,
Arrive, tombe dans mes bras;
Une rare fête choisie
Te guette, arrive, tu verras!"

Du phosphore en ses yeux s'allume,
Et sa lèvre au sourire pervers
S'agace aux barbes de la plume
Qu'il
tient pour écrire ces vers...
  

 

 

 

Nr 5 - 30 juli 2007
 
Goûts royaux
 
Louis Quinze aimait peu les parfums. Je l'imite
Et je leur acquiesce en la juste limite.
Ni flacons, s'il vous plaît, ni sachets en amour!
Mais, ô qu'un air naïf et piquant flotte autour
D'un corps, pourvu que l'art de m'exciter s'y trouve;
Et mon désir chérit et ma science approuve

Dans la chair convoitée, à chaque nudité
L'odeur de la vaillance et de la puberté
Ou
le relent très bon des belles femmes mûres.

Même j'adore - tais, morale, tes murmures -
Comment dirais-je ces fumets, qu'on tient secrets,
Du sexe et des entours, dès avant comme après
la divine accolade et pendant la caresse,
Quelle que puisse être, ou doive, ou le paraisse.
Puis, quand sur l'oreiller mon odorat lassé
Comme les autres sens, du plaisir ressassé,
Somnole et que mes yeux meurent vers un visage,
S'éteignant presque aussi, souvenir et présage,
De l'entrelacement des jambes et des bras,
Des pieds doux se baisant dans la moiteur des draps
De cette langueur mieux voluptueuse monte
Un goût d'humanité qui ne va pas sans honte,
Mais si bon, mais si bon qu'on croirait en manger!
Dès lors, voudrais encor du poison étranger,
D'une flagrance prise à la plante, à la bête
Qui
vous tourne le cœur et vous brûle la tête,

Puisque j'ai, pour magnifier la volupté,
Proprement la quintessence de la beauté?               

 

 

 

Nr. 4 - 25 juni 2007

Mille et Tres

Mes amants n'appartiennent pas aux classes riches:
Ce sont des ouvriers faubouriens ou ruraux,
Leurs quinze et leurs vingt ans sans apprêts, sont mal chiches
De force assez brutale et de procédés gros.

Je les goûte en habit de travail, cotte et veste;
Ils ne sentent pas l'ambre et fleurent de santé
Pure et simple; leur marche un peu lourde, va preste
Pourtant, car jeune, et grave en l'élasticité;

Leurs yeux francs et matois crépitent de malice
Cordiale et des mots naïvement rusés
Partent - non sans gai juron qui les épice -
De leur bouche bien fraîche aux solides baisers;

Leur pine vigoureuse et leurs fesses joyeuses
Réjouissent la nuit et ma queue et mon cu;
Sous la lampe et le petit jour, leurs chairs joyeuses
Ressuscitent mon désir las, jamais vaincu.

Cuisses, âmes, mains, tout mon être pêle-mêle,
Mémoire, pieds, cœur, dos et l'oreille et le nez,
Et la fressure, tout gueule une ritournelle,
Et trépigne un chahut dans leurs bras forcenés.

Un chahut, une ritournelle, fol et folle,
Et plutôt divins qu'infernals, plus infernals
Que divins, à m'y perdre, et j'y nage et j'y vole,
Dans leurs sueurs et leur haleine, dans ces bals.

Mes deux Charles, l'un jeune tigre aux yeux de chatte,
Sorte d'enfant de chœur grandissant en soudard.

L'autre, fier gaillard, bel effronté que n'épate
Que ma pente vertigineuse vers son dard.

Odilon, un gamin, mais monté comme un homme.
Ses pieds aiment les miens épris de ses orteils
Mieux encore, mais pas plus que de son reste en somme
Adorable drûment, mais ses pieds sans pareils!

Caresseurs, satin frais, délicates phalanges
Sous les plantes, autour des chevilles, et sur
La cambrure veineuse, et ces baisers étranges
Si doux, de quatre pieds ayant une âme, sûr!

Antoine, encore proverbial quant à la queue,
Lui, mon roi triomphal et mon suprême Dieu,
Taraudant tout mon cœur de sa prunelle bleue,
Et tout mon cul de son épouvantable épieu.

Paul, un athlète blond aux pectoraux superbes,
Poitrine blanche, aux durs boutons sucés ainsi
Que le bon bout; François, souple comme des gerbes,
Ses jambes de danseur, et beau, son chibre aussi!

Auguste qui se fait de jour en jour plus mâle
(Il était bien joli quand ça nous arriva)
Jules, un peu putain avec sa beauté pâle,
Henri me va, qui, las! en leurs conscrits s'en va;

Et vous tous; à la file ou confondu en bande
Ou seuls, vision si nette des jours passés,
Passions du présent, futur qui croît et bande
Chéris sans nombre qui n'êtes jamais assez!
  

 

 

 

Nr. 3 - 18 juni 2007
 
A celle que l'on dit froide

Tu n'es pas la plus amoureuse
De celles qui m'ont pris ma chair;
Tu n'es pas la plus savoureuse
De mes femmes de l'autre hiver.

Mais je t'adore tout de même!
D'ailleurs ton corps doux et bénin
A tout, dans son calme suprême,
De si grassement féminin,

De si voluptueux sans phrase,
Depuis les pieds longtemps baisés
Jusqu'à ces yeux clairs purs d'extase,
Mais que bien et mieux apaisés!

Depuis les jambes et les cuisses
Jeunettes sous la jeune peau,
A travers ton odeur d'éclisses
Et d'écrevisses fraîches, beau,

Mignon, discret, doux petit Chose
A peine ombré d'un or fluet,
T'ouvrant en une apothéose
A mon désir rauque et muet,

Jusqu'aux jolis tétins d'infante,
De miss à peine en puberté,
Jusqu'à ta gorge triomphante
Dans sa gracile vénusté.

Jusqu'à ces épaules luisantes,
Jusqu'à la bouche, jusqu'au front
Naïfs aux mines innocentes
Qu'au fond les faits démentiront,

Jusqu'aux cheveux courts bouclés comme
Les cheveux d'un joli garçon,
Mais dont le flot nous charme, en somme,
Parmi leur apprêt sans façon,

En passant par la lente échine
Dodue à plaisir, jusques au
Cul somptueux, blancheur divine,
Rondeurs dignes de ton ciseau,

Mol Canova! jusques aux cuisses
Qu'il sied de saluer encor,
Jusqu'aux mollets, fermes délices,
Jusqu'aux talons de rose et d'or!

Nos nœuds furent incoercibles?
Non, mais eurent leur attrait leur.
Nos feux se trouvèrent terribles?
Non, mais donnèrent leur chaleur.

Quant au Point, Froide? Non pas, Fraîche
Je dis que notre "sérieux"
Fut surtout, et je m'en pourlèche,
Une masturbation mieux,

Bien qu'aussi bien les prévenances
Sussent te préparer sans plus,
Comme l'on dit, d'inconvenances,
Pensionnaire qui me plus.

Et je te garde entre mes femmes
Du regret non sans quelque espoir
De quand peut-être nous aimâmes
Et de sans doute nous revoir.            
  

 

 

 

Nr. 2 op 11 juni 2007
 
O ne Blasphème pas


O ne blasphème pas, poète et souviens-toi.
Certes la femme est bien, elle vaut qu'on la baise,
Son cul lui fait honneur, encore qu'un brin obèse
Et je l'ai savouré maintes fois, quant à moi.

Ce cul (et les tétons), quel nid à nos caresses!
Je l'embrasse à genoux et lèche son pertuis
Tandis que mes doigts vont, fouillant dans l'autre puits
Et les beaux seins, combien cochonnes leurs paresses!

Et puis, il sert, ce cul, encor, surtout au lit
Comme adjuvant aux fins de coussins, de sous-ventre,
De ressort à boudin du vrai ventre pour qu'entre
Plus avant l'homme dans la femme qu'il élit.

J'y délasse mes mains, mes bras aussi, mes jambes.
Mes pieds. - Tant de fraîcheur, d'élastique rondeur
M'en font un reposoir désirable où, rôdeur,
Par instant le désir sautille en vœux ingambes.

Mais comparer le cul de l'homme à ce bon cul!
A ce gros cul moins voluptueux que pratique
Le cul de l'homme fleur de joie et d'esthétique!
Surtout l'en proclamer le serf et le vaincu!

"C'est mal" a dit l'amour. Et la voix de l'Histoire:
Cul de l'Homme, honneur pur de l'Hellade et décor

Divin de Rome vraie et plus divin encor
De Sodome morte, martyre pour sa gloire.

Shakespeare, abandonnant du coup Ophélia,
Cordélia, Desdémona, tout son beau sexe
Chantait en vers magnificents - qu'un sot s'en vexe -
La forme masculine et son alléluia.

Les Valois étaient fous du mâle et dans notre ère
L'Europe embourgeoisée et féminine tant
Néanmoins admira ce Louis de Bavière,
Le roi vierge au grand cœur pour l'homme seul battant.

La Chair, même la chair de la femme, proclame
Le cul, le vit, le torse et œil du fier Puceau;
Et c'est pourquoi, d'après le conseil à Rousseau.
Il faut parfois, poète, un peu "quitter la dame".



 

 

Nr. 1 -4 juni 2007
 
Ouverture  


Je veux m'abstraire vers vos cuisses et vos fesses,
Putains, du seul vrai Dieu seules prêtresses vraies,
Beautés mûres ou non, novices ou professes,
O ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies?

Vos pieds sont merveilleux, qui ne vont qu'à l'amant,
Ne reviennent qu'avec l'amant, n'ont de répit
Qu'au lit pendant l'amour, puis flattent gentiment
Ceux de l'amant qui las et soufflant se tapit.

Pressés, fleurés, baisés, léchés depuis les plantes
Jusqu'aux orteils sucés les uns après les autres,
Jusqu'aux chevilles, jusqu'aux lacs des veines lentes,
Pieds plus beaux que des pieds de héros et d'apôtres?

J'aime fort votre bouche et ses jeux gracieux,
Ceux de la langue et des lèvres et ceux des dents
Mordillant notre langue et parfois même mieux,
Trucs presque aussi gentils que de mettre dedans;

Et vos seins, double mont d'orgueil et de luxure
Entre quels mon orgueil viril parfois se guinde
Pour s'y gonfler à l'aise et s'y frotter la hure:
Tel un sanglier ès vaux du Parnasse et du Pinde.

Vos bras! j'adore aussi vos bras si beaux, si blancs,
Tendres et durs, dodus, nerveux quand faut et beaux
Et blancs comme vos culs et presque aussi troublants,
Chauds dans l'amour, après, frais comme des tombeaux.

Et les mains au bout de ces bras, que je les gobe!
La caresse et la paresse les ont bénies,
Rameneuses du gland transi qui se dérobe,
Branleuses aux sollicitudes infinies!

Mais quoi? Tout ce n'est rien, Putains, aux prix de vos
Culs et cons dont la vue et le goût et l'odeur
Et le toucher font des élus de vos dévots,
Tabernacles et Saints des Saints de l'impudeur.

C'est pourquoi, mes sœurs, vers vos cuisses et vos fesses
Je veux m'abstraire tout, seules compagnes vraies,
Beautés mûres ou non, novices ou professes,
Et ne vivre plus qu'en vos fentes et vos raies.